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Plus nous nous élevons et plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler...

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L’imagination est plus importante que le savoir.

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PETITE METAPHYSIQUE DES VŒUX DE NOUVEL AN ou comment se prendre la tête pour dire « bonne année »

Je vous souhaite une très bonne année !

Mais qu’est-ce qu’une bonne année ? Qu’est-ce qu’une année, déjà ?

C’est une période de temps de calendrier grégorien établie par convention plus ou moins coïncidant avec la période astronomique valable sur la planète Terre. Jusqu’à là, on se comprend. Cela pourrait être parfaitement indifférent ; chacun sait qu’il n’y a rien de changé après minuit du 31 décembre et qu’il n’y a rien de nouveau dans la nouvelle année. Mais il se trouve que c’est un cycle repérable par la conscience de chacun, dans l’ordre mental et dans la représentation que nous nous faisons du temps. Il est donc, bien que conventionnel et artificiel, inscrit dans imaginaire collectif comme significatif et expressif.

De ce fait, le changement calendrier ne peut pas manquer de nous faire réfléchir aux accomplissements de notre vie, sous la forme de bilan de l’année passée ou de projets à venir. Le passé et l’avenir se font plus présents, si on peut dire.

Moment angoissant pour beaucoup. D’ou le rite païen de attendre minuit du 31 décembre, instant magique et éphémère après quoi tout est nouveau (pour un instant!), avec boisson et pétards, accolades et danses. Les feux d’artifice, avec le rappel des feux purificateurs et du vacarme des carnavals sont là pour nous rappeler cette partie archaïque.

Mais il y a aussi la pratique sociale des vœux… c’est là que je voulais m’arrêter. Qu’est-ce que « des vœux de fin d’année » ou de nouvel an ? « Je vous souhaite une très bonne année ». Ou « Meilleurs vœux ! », « Bonne année, bonne santé »… « Harmonie et bonheur pour tous les tiens », « Paix et réussite pour toi et les tiens ». Une coutume sympathique et sociable ; à quoi bon la questionner… Mais, malgré tout, c’est la manie des philosophes de tout questionner, pourquoi pas les vœux

Voilà donc des vœux de nouvel an. Pieux quelques uns, lorsque l’on souhaite la bonne santé à une personne âgée et malade; ou de la réussite à un chômeur de longue durée ; de l’harmonie à une famille qui se déchire ; mais bon, ce sont des de vœux quand-même.

Au fait, qu’est-ce qu’un vœu ? Ce n’est pas seulement l’expression des désirs, de ses désirs, c’est un peu plus complexe, c’est ce que l’on déclare souhaiter pour autrui. C’est l’expression « je te souhaite… » qui est intéressante ; des souhaits transitifs, en quelque sorte. On veut le mieux pour l’autre. Cela correspond très exactement aux réflexions sur l’amitié qu’Aristote faisait dans œuvre inaugurale de l’éthique occidentale : l’ami désire le bien de son ami et se réjoui de lui[1]. Nous pourrions dire avec Aristote que les vœux entre amis ne posent pas de question, en fait. Mais ce n’est pas si sûr, d’abord on ne formule pas de vœux qu’aux amis, et puis… le mieux, le bien pour lui, c’est d’après moi ou d’après lui ? Lorsque l’on dit : « que tout tes rêves se réalisent », ce sont les rêves du destinataire des vœux ; mais nous savons que les rêves ne se réalisent pas tous (souvent aucun). « Que tous vos projets aboutissent », voilà qui semble plus réaliste. Qu’est-ce qu’un projet ? Un projet ce n’est pas un rêve, ce même pas un simple souhait ; il y a du désir, c’est à dire quelque chose que l’on aime, qui nous attire, mais doublé d’un second désir: le désir de le réaliser. Mais il se trouve que beaucoup de personnes n’ont pas de projets, même pas des rêves ; ils s’arrêtent au stade de souhaits, juste de l’espoir ; quelque chose de vaguement rassurant, qui se ressemble beaucoup aux vœux : « meilleurs vœux! », c’est-à-dire « garde l’espoir », c’est toujours ça de gagné, même si tu ne bouges pas un doigt pour que quelque chose se passe. Souhaiter la réalisation des projets de l’autre, donc paraît un vœu plus responsable, plus pragmatique, dans le monde actuel.

Mais revenons au point précédent: les vœux à autrui, c’est-à-dire lorsque l’on exprime vouloir du bien pour l’autre, c’est que cela est bien pour nous aussi (autrement nous ne le voudrions pas). La formule exacte devrait être : « Ce serait un bien pour moi que ce qui est un bien pour toi se réalise ».

Cependant, en est-on sur que l’autre veut de bonnes choses ?

Si les projets du destinataire des vœux étaient de faire le lit d’un collègue pour s’emparer de son poste, ou bien de tromper son psy pour se faire diagnostique une dépression de longue durée afin de se faire entretenir par le système de protection sociale ? Si c’était de licencier une secrétaire que n’a pas cédé au harcèlement, dire du mal d’un voisin pour le chasser de l’immeuble, piquer dans la caisse de son association humanitaire ? S’il voulait distiller le soupçon de racisme ou de pédophilie sur un concurrent pour briser sa carrière ? Si les désirs d’autrui sont de calomnier, tuer, torturer, poser une bombe ?

Et si le projet de quelqu’un est de se suicider ?

Je sais, ce sont de mauvaises pensées, de l’esprit tordu… normalement les gens ne souhaitent pas de telles choses.

Normalement… mais sommes-nous dans un monde normal ?

Disons que « bonne santé » au moins, ne parait très dangereux…

Mais un menteur en bonne santé ment mieux qu’un menteur malade et un pervers en bonne santé nuit bien plus que le même hospitalisé. C’est la vielle question du « bon couteau » chez Platon : un bon couteau est celui qui coupe mieux, mais dans les mains d’un assassin, n’est-il meilleur un couteau qui ne coupe pas, un mauvais couteau donc ?

Cela pose quelques petits problèmes… Cela revient à vouloir un bien pour l’autre que n’est pas un bien pour soi, donc à ne pas le vouloir… Peut-on dire quelque chose comme « bonne année, je ne souhaite pas que tous vos projets aboutissent » ? Ce ne serait pas très gai, n’est-ce pas ?

Comment formuler alors de vœux qui ne s’adresseraient pas à ces désirs là, ou à ces destinataires là ? Trop facile serait de ne s’adresser qu’aux bons, aux gentils, aux bienveillants.

Autrement, quels sont les « meilleurs vœux » ?

C’est entendu : on ne peut souhaiter (sans contradiction) à tout le monde que tous ses vœux se réalisent, car, dans bien de cas, les vœux des uns nuiraient aux autres, à nous-mêmes et s’opposeraient à nos vœux. Que peut-on donc souhaiter ? Que seuls tes bons projets se réalisent ? Que de tous tes désirs, seules ceux qui sont bons, constructifs, loyaux et généreux se réalisent ?

Mais qui détermine ce qui est bien, constructif, loyal et généreux ? C’est forcement celui qui formule les vœux, c’est-à-dire nous-mêmes. Il est naturel pour nous de désirer que les autres fassent du bien, qu’ils soient meilleures moralement, humainement… d’après nos canons du bien et du mal.  Le petit hic, même si cela ne se voit pas tout de suite, est que cela équivaut à désirer que ce soient nos vœux qui se réalisent, que nos désirs se fassent réalité et pas ceux de l’autre.  Voyons donc comment cela sonne : « Je te souhaite que mes vœux soient exaucés » ou « bonne année, que tous mes projets se réalisent »… Avouez que c’est un peu bizarre…

Essayons de trouver un compromis ; voyons alors comme ceci : « Bonne année, je te souhaite que tu souhaites les même choses que moi, ainsi je pourrais te souhaiter que tes souhaits (les miens en fait) se réalisent »… c’est trop compliqué ?

Et comme ça : « je voudrais que tu veuilles ce que je veux (y compris pour toi), seule façon que je puisse souhaiter que tes vœux se réalisent », autrement dit, « je te souhaite que tu souhaites que mes vœux se réalisent ».

Trop egocentrique ? Sans doute ; et pas très élégant. Mais, que faire ?

Peut-on imaginer que l’on se retrouve sur quelque vœux, désirables par tous et pour tous ? Quelque chose comme « je te souhaite que tes souhaits humanistes, universels et valables pour tout être humain se réalisent ». Trop pompeux ? Trop moralisant ? Sans doute, et, de surcroit, trop vague… car qu’est-ce qui est souhaitable universellement ?

Beaucoup pensent que cela serait facile à trouver : la paix dans le monde, la fin des famines, la sortie de la crise économique, la justice internationale, l’équilibre écologique…

Ben, voyons ! Si c’était si facile, comment cela se fait que tout ceci n’est pas encore réalisé ? Car des années se sont passés, chacune commença par le jour de l’an, et par des vœux formulés, ces jolies cartes avec ces belles paroles, y compris celles officielles, émises par les services diplomatiques, par les cabinets et services de communication, d’Etat à Etat, de présidents aux premiers ministres, des rois aux chanceliers, de directeurs aux commandant, des saintetés à excellences… Tous ces vœux ! Exprimés dans une langue en bois d’arbre pourri, insignifiante et hypocrite. Un vrai feu d’artifice mondial de fumée, « vanité de vanités », dirait le Sage…

Que faut-il faire alors ? S’abstenir des vœux ? Passer son tour, attendre l’année prochaine ? Mais le problème se représentera tel quelle dans un an… et ce sera à recommencer, comme l’année qui recommence : année nouvelle, nouvelle avalanche de vœux pieux.

Problème sans solution, donc. Laissons tomber.

Quoi que…

Je dirai quand même quelque fois « bonne année »… comment ne pas rendre une accolade chaleureuse, une parole affective ?

Allons, allons, on trouvera quand même quelque chose. Je m’y suis parfois essayé : « je vous souhaite une année de réflexion et de questionnement », c’est vrai, cela n’appelle pas vraiment à déboucher du champagne… « Je vous souhaite de vrais accomplissements dans ce qu’il y a de plus spirituel de vos vies »… Ca fait un peu curé, non ? « Je vous souhaite de l’aventure, de l’intensité dans toutes vos entreprises »… ça sent presque le marketing… « Que cette année soit pleine d’expériences de beauté profonde et d’authenticité »… c’est presque du « new age ».

On peut imaginer de vœux heideggériens : « que cette nouvelle révolution de ce qui se tient sous la voute céleste vous apporte une ouverture à l’écoute de l’être de ce qui est ». Ou encore  « que cette année vous permette de vous tenir dans la clairière de l’être et à l’écoute de la source de tout étant, y compris des vœux de nouvel an et des années elles-mêmes ». Mais je crains que ce ne soit ni compris ni pas très sérieux.

Je vous assure, ce n’est pas facile. Mais essayez vous-même ! Essayez de construire une phrase que soit vraie, sincère, positive, mais pas idiote ou niaise, pas trop étroite ni trop vague, ni trop générale ni trop banale. Des vœux, des vrais !

Peut-être pourrions-nous nous inspirer d’une très ancienne sagesse, cette ancienne loi qu’on appelle la règle d’or. Ce serait quelque chose un peu de cette sorte : « ne formule à autrui que des vœux qui tu voudrais qu’on t’adresse à toi-même ». Ou « Souhaite aux autres ce que tu voudrais qu’on te souhaite ».

Pas mal, on avance un peu, mais cela ne nous dit rien sur le contenu de ces vœux, c’est une loi purement formelle. Et qui plus est, il se pourrait que je désire pour d’autres quelque chose que je ne voudrais pas qu’on me souhaite, simplement parce que je l’ai déjà o parce que cela ne m’intéresse plus. C’est pourquoi la règle d’or a été retenue surtout dans sa formulation négative.

Une version plus sophistiquée nous vient du bon vieux Kant, avec son impératif catégorique. Je sais, cela non plus, n’appelle pas le champagne, mais qui sait : un vœu de nouvel an sous l’inspiration de la première formulation de l’impératif catégorique, une formulation que tout être intelligent pourrait comprendre et accepter (« agis seulement d’après la maxime de ton action grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle »[2]) ; en plus simple : Agis en sorte que « si tout le monde en faisait autant » ce serait aussi bon pour tous.

Alors, comment formuler notre impératif catégorique des vœux de nouvel an ?

« Fais de vœux que tout être intelligent pourrait faire siens et les formuler à tout autre sans contradiction ni réserve ». On peut souhaiter cela « Je te souhaite que tu puisses formuler des vœux que tout en chacun pourrait souhaiter à tout le monde ».

Cela sonne assez kantien, et, conséquemment, ne concerne encore que la forme des vœux et nullement des contenus. Est-il acceptable une carte avec de vœux ainsi formelle ? Quels contenus pourrions-nous mettre ?

Essayons… La paix dans le monde ? « Je vous souhaite paix et harmonie dans tous vos projets et qu’ils apportent cette paix au le monde ». Joli, non ? Pourriez-vous faire ces vœux à un militaire qui part en campagne ? Et… à quelqu’un qui combat un régime pourri et criminel, à un résistant ? Lui désirer la paix c’est lui désirer la victoire, donc la guerre… un peu contradictoire, non ? Et, comment souhaiter la même chose à ses ennemis ?

Passons à autre chose : la réussite : « Je vous souhaite la réussite dans toutes vos entreprises et que vous souhaitez la réussite de tous les autres ». Mais on sait que toutes les entreprises ne peuvent réussir sans la ruine de quelques unes, et que même la réussite de certaines dépende de la ruine de certaines autres… Par exemple un commerçant ne pourrait désirer la réussite à son concurrent direct sans contradiction. C’est cuit donc pour la réussite.

De la santé, on a déjà parlé… la santé d’un salopard c’est dangereux.

Essayons l’amour : « je vous souhaite plein d’amour dans l’année qui commence et que cet amour suscite encore de l’amour pour tous les autres ». Pourtant on sait bien que c’est futile de désirer l’amour universel. Kant le savait aussi, l’amour tout court, d’ailleurs, ne se commende pas. Et puis, aimer quoi, aimer qui ? Aimer son dictateur, conducator, guide suprême ou leader manipulateur ? Cela existe, bien sûr. Aimer celui qui vous exploite dans une relation perverse ? Cela se trouve aussi, malheureusement. Aimer les armes, aimer la célébrité ? Aimer le pouvoir ?

Et oui, c’est triste, mais l’amour n’est pas le jugement ni la morale. Rien de moins universalisable que l’amour. Faudrait nuancer : « Que cette année vous aimiez et soyez aimé dans de relations enrichissantes, libres, respectueuses, humanistes » Cela fait beaucoup de conditions pour l’amour, qui ne supporte pas bien le conditionnel…

Essayons d’affiner encore notre impératif de vœux. La question serait : Quels vœux pourrions nous adresser à quiconque, y compris à nos ennemis, si nous en avons, ou nos adversaires ? C’est cela qu’il faut chercher. Une version des vœux de nouvel an qui combine un peu les exigences de la « règle d’or » et de l’impératif catégorique. Mais c’est encore du purement formel. Essayons de rentrer quelques contenus :

« Je vous souhaite de traiter de bon gré tout le monde autour de vous en sorte qu’ils se portent mieux et si possible qu’ils soient heureux » Cela marcherait aussi bien pour un chef de guerre ou pour un manager avec son équipe, qui se préparerait pour semer la ruine et le chaos juste un peu plus loin… Mais cela ne marcherait pas bien pour ses futures victimes. Il faudrait donc supprimer le « autour de vous » et on retombe sur la question des combattants et sur l’impossibilité d’aimer tout le monde y compris ses ennemis.

Et pourtant cela fait partie de l’enseignement de Jésus. Oui, cette si difficile figure de « l’autre joue ». Peut-être là se trouve la clé, malgré tout, que ni la règle d’or ni l’impératif catégorique ne résolvent entièrement. Mais on avait déjà évoque que cela sera inacceptable pour celui qui même un juste combat.

Quoi que…

Allons, une dernière tentative, car tendre l’autre joue ne pouvant pas se faire dans toute condition, on peu le formuler comme vœux : « Je vous souhaite d’être si digne de respect et d’admiration que même si vous m’agressiez je vous tendrais l’autre joue »… situation impossible, car l’agression annule la condition et celui qui agresse devient ipso facto moins respectable.

Un compromis alors :

« Je vous souhaite de mener votre combat avec justice et loyauté selon ce que vous entendez par cela lorsque vous considérez que la victoire serait une bonne chose pour tous et non seulement pour le camp victorieux ».

Je ne suis pas sûr que cela serait bien comprit. Peut-être ce serait mieux comme ceci :

« Je vous souhaite, que ce soit dans la paix ou dans le combat, de réussir à être le plus droit selon la meilleur partie qui est en vous, et de mener votre action en sorte que, si vous étiez votre ennemi, vous seriez fier de l’avoir comme ennemi ».

Cela ressemble un peu, certes, à l’ancienne éthique guerrière, pas très politiquement correcte, mais enfin, on n’est pas obligé à l’être. Le respect de l’ennemi dans ces anciennes éthiques ouvre le chemin de l’inatteignable accueil d’autrui et de l’impossible « autre joue ».

Allez, un dernier pour la route :

« Que cette année qui commence vous donne la joie[3] d’être meilleur selon la partie la plus universelle de vous-même, d’après la sagesse la plus profonde de votre peuple, dans la paix ou dans le combat, en sorte que si votre ennemi faisait pareil, vous lui voueriez un respect si profond que vous voudriez ardemment conclure au plus vite un arrangement juste et honorable pour tous et vous acheminer d’une façon créative vers une paix riche de vos diversités et que vous voudriez vous mettre aussitôt ensemble à soigner la nature, améliorer la société et construire un monde commun pour vos enfants et pour les siens ».

Ca vous va ?

Je sais, c’est difficile, mais si cela se trouve, mais j’aime à imaginer de tels vœux pourraient être adressés par un soldat israélien à un combattant palestinien et vice-versa. Même si c’est du rêve.

Des vœux acceptables philosophiquement, en tout cas, ne pourraient pas être ceux qui ne passeraient pas ce test : que souhaiteriez-vous à votre ennemi juré ? Ou encore que voudriez-vous que votre pire ennemi vous souhaite ?

Je sais aussi, c’est un peu long et tout le monde n’a pas d’ennemis ; après tout c’est plus facile dire « bonne année » ! Et on peu sans doute trouver mieux. Mais cela valait la peine d’essayer…

Je ne me suis inspiré que de la règle d’or, de Kant et du christianisme, et ce n’est pas fini. A vous de vous exercer pour trouver mieux, plus court, plus clair ; que ce soit à l’aide de Platon, de Lao Tsé, Rûmî, Gödel, John Rawls, Levinas, Hans Jonas ou qui sais-je encore. Tous ces braves penseurs auraient pu trouver leur façon de souhaiter la bonne année ! Vous aussi… l’espace « commentaires » dans cet article a vocation à recevoir vos propositions de vœux philosophiques.

L’année prochaine on évaluera forcement, si cela a eu un sens ou non. Peut-être bien qu’il faudra recommencer. Mais c’est le principe de la nouvelle année, non ?

Daniel


[1] Aristote, Ethique à Nicomaque, livre VIII, ch. 9 et 10.

[2] Kant, Fondation de la Métaphysique de mœurs, section II Ou Critique de la Raison pratique.

[3] Selon la définition de Spinoza « La joie est le sentiment qui accompagne le passage d’une perfection moindre à une perfection supérieure » Ethique, IV.

6 réponses à PETITE METAPHYSIQUE DES VŒUX DE NOUVEL AN ou comment se prendre la tête pour dire « bonne année »

  • Merci pour tes voeux, qui sont au fond le cadeau que tu nous fait en partageant des réflexions. Très bien reçus en ce qui me concerne.
    Commentaire: pour moi, et comme tu le démontres finalement, les voeux véritables n’ont de sens que personnalisés.
    Ma pratique: je les rédige toujours, seulement pour ceux dont je suis proche à ce moment là, en choisissant cartes et mots avec soin.
    Pour les autres, il m’est facile de dire « bonne année », c’est comme un salut, une reconnaissance que nous partageons le même espace-temps.

    Et ce petit mot, tu peux le saisir comme une pensée pour toi, comme… des voeux Bises,
    Jessie

  • Merci, Jessie ! Bien sûr, les mots de personne à personne, uniques, sont irremplaçables, et aucune métaphysique n’est nécessaire.
    Content d’avoir de nouvelles de toi ! Un blog revèle des bonnes surprises parfois…

    Je profite pour dire à tous que j’ai apporté quelques petits corrections ce matin dans l’ordre des arguments, encore un peu caotiques, rédigés la soirée d’hier.
    Daniel

  • Après lecture curieuse de « Petite métaphysique des voeux de nouvel an », je te souhaite d’animer avec le plus grand plaisir le café-philo des phares tout au long de cette année 2010 !

    J’ai mis dans cette formulation une pincée d’altruisme (ton plaisir), une dose d’égoïsme (si tu animes avec plaisir, c’est que le débat avance), une pincée de phénoménologie (pendant ces café-philos, j’ai un peu conscience d’être conscient), un zeste de morale (le café philo ne fait de tort à personne hormis ceux, trop nombreux, qui n’ont pas les deux euros pour un café ou ceux, encore plus nombreux qui n’habitent pas à portée et/ou ne parlent pas français, parmi lesquels il faut quand même enlever tous ceux qui ont d’autres préoccupations le dimanche matin) …

  • Comment se prendre la tête » pour dire « bonne année » ou … pour éviter de le dire.
    « Bonne et Heureuse Année », Daniel.
    Bonne Année, à Celles, à Ceux, qui liront ces lignes.

    À lire tes différents scénarios de voeux, je me dis que la présence de l’Autre est un complément aux mots, qui peut être fort utile, en particulier l’échange du regard, au moment de ce face à face.
    Je ne résiste pas à l’envie de transmettre ce qui se disait majoritairement dans ma sphère micro culturelle quand j’étais enfant: « Je vous souhaite une bonne et heureuse année, une bonne santé, et le paradis à la fin de vos jours » (Formulation qui ne porte guère non plus à s’enivrer au champagne …quoi que) ! Mais soyons positifs , on ne pouvait quand même pas leur souhaiter l’enfer. Je revois des situations très embarrassantes, lorsque je m’adressai à une personne de plus de 65 ans. Ce fût une des occasions à m’inciter à penser par moi-même.
    Une formulation très courante à cette époque de celui qui recevait en premier les voeux: « Je vous en souhaite une pareille ». Il n’y avait pas vraiment de place pour les nuances …
    André.

  • C’est drôle, André !
    Tu vois, souhaiter « le paradis à la fin de vos jours » peut aussi vouloir dire, si l’on pense bien, « je souhaite la fin de vos jours », le paradis étant le meilleur état concevable pour une âme, et évidemment meilleur que celui d’une âme encarnée… Dans cette vision du monde (sans place pour les nuances) continuer à vivre, peut être une bonne chose mais certainement pas la meilleure, ce qui exclu que les « meilleurs voeux » s’y réfèrent.
    Pas évident, non ?
    Daniel

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