Très bref manuel de survie (de dernière minute) de l’électeur indécis

Quelques questions préalables :

-        Le premier préalable est évidemment s’intéresser à la question, autrement, c’est l’abstention et il vaut mieux passer son chemin, ce seront les autres qui décideront pour vous.

-        Se demander si l’on croit qu’on ne peut réellement (presque) rien changer, et que le tout est un choix entre deux ou trois façons de gérer la société telle qu’elle est avec des petites nuances (plus social-démocrate, plus libéral, plus républicain, etc.). Car dans ce cas plusieurs candidats sont éliminés d’emblée.

-        Se demander si le « vote utile » est utile ou nécessaire (syndrome 21 avril 2002). Si la réponse est oui, 7 ou 8 candidats sont éliminés. Si la réponse est non, le choix reste entier et ce serait plus utile d’infléchir la politique de deux finalistes et du vainqueur dans un sens ou dans un autre, selon vos préférences.

 

Sept (ou huit) questions pour choisir son candidat lorsqu’on est indécis :

 

1)    Considérer un maximum d’éléments et non un seul (non pas la bonne tête par ex, un mot déplacé ou une prise de position). Peser les pours et les contres d’un maximum de variables. Depuis Aristote, cela s’appelle délibérer, tout le monde en est capable, mais tout le monde ne le fait pas.

2)    Considérer non seulement les programmes (parfois semblables, souvent inapplicables) mais les valeurs qui les sous-tendent. Qu’est-ce que la personne (et ses soutiens) veulent : a) pour eux-mêmes, b) pour la France, c) pour l’Europe, d) pour le monde e) pour l’être humain, f) pour la vie ?

3)    Considérer, non pas le candidat seul mais aussi les personnes et groupes qui son autour, leurs intérêts, leurs relations avec l’ensemble de la société, leurs déclarations, leurs goûts, leurs trajectoires.

4)    Mettre sur papier en quelques lignes votre propre définition de quelques valeurs et principes qui vous tiennent vraiment à cœur, par exemple la liberté, la justice, l’égalité, la démocratie, le travail, la générosité, la sécurité, la puissance, ou d’autres. Comparez ces quelques définitions avec celles que vous attribueriez aux candidats ou que vous en connaissez d’eux.

5)    Mettre l’imagination au service de la délibération : imaginer le pays que l’on souhaite, le pays rêvé pour soi, pour ses amis, pour ses enfants, le climat social, le traitement des personnes, et le visualiser gouverné par les uns ou par les autres (avec leur groupe de soutiens). Parfois ça colle, parfois non.

6)    Vous considérer vous-même prenant partie, vous engageant dans un projet citoyen (imagination active) à quelque niveau que ce soit. Avec quelles personnes, projets, valeurs le feriez-vous ? Avec qui et lequel pas du tout ?

7)    Dans le cas de « petits candidats », se demander qui ils soutiendront pour le 2e tour, selon vous et s’ils apporteront quelque chose, soit comme alliés soit comme opposition (sont-ils crédibles ?) et recommencer les questions pour l’hypothèse du finaliste soutenu par votre candidat.

8)    Considérer si le choix qui se profile pour vous est bien le fait d’une adhésion, d’un goût, d’un enthousiasme pour le ou la candidat(e), ou alors le fait d’un rejet ou d’une aversion. Dans le deuxième cas, ce n’est pas bon signe, il faut retournez au point 1).

 

1 comment

  1. toujours excellent et si bien pensé ! dit :

    A Daniel RAMIREZ que je n’ai pas oublié depuis YERRES
    je vis à LORIENT depuis le 22/08/2011, j’y suis vraiment très heureuse, seule avec mon fils Adrien de bientôt 16 ans,
    merci de continuer à m’envoyer de tels textes, lui qui votera dans 2 ans aura besoin tout comme moi aujourd’hui, de réfléchir et d’analyser, il est question d’avenir et trop de gens hélas ne s’en rendent plus compte..Je vois énormément d’individualisme dans cette période et cette campagne, cela donne le vertige.
    bonne continuation Daniel
    amical souvenir
    sylvie

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